🎧 Emma Becker - La maison

Published: Apr 14, 2024 Duration: 00:10:00 Category: People & Blogs

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un filet de plus en plus ténu jusqu'à ce que ces 3 mètres sur trois de tissu brodés deviennent un canevas vierge sentant les couche et la peau propre de bébé il me faudrait conserver ce dessus de lit comme un livre du Moyen-Âge en ne le dépliant qu'avec une extrême parciimonie et dans des conditions optimales sans trop de lumière ni de mouvement en le rapportant chez moi j'étais confusément persuadé que la maison ne fermerait pas qu'au dernier moment quelque chose ou quelqu'un nous sauver qu'il y aurait d'autres babioles à haïir et à adorer et que même si la maison disparaissait elle irait forcément refleurir autre part avec tout ce dont j'avais chargé mon appartement le lit de la blanche les miroirs la table de nuit la taable basse les serviettes le petit ventilateur le souvenir de la maison survivraiss c'était obligé mais les objets ont une façon si gracieuse si discrète de s'acclimater lorsqu'elle N nous a rendu visite ma grand-mère m'a demandé extasier où nous avions trouvé ce lit superbe si solide prise de cours j'ai parlé d'un marché au puuces de Ry nickendorf même si tout dans ce lit dénoncit le bordel qui pouvait avoir envie d'un miroir incrusté dans la tête de lit percluse de moulures romantiqu de Colombes et de gerbes de lorers en fleurs mais posé là dans la chambre il avait perdu tout son ridicule érotisme il avait l'air humble d'une bonne affaire inespérée et lorsque j'ai annoncé qu'il nous avait coûté à peine 30 € ma grand-mère a répété que vraiment c'était un lit adorable comment avions-nous fait pour le transporter jusqu'ici or ça a été une galère pas possible me suis-je entendu répondre il pleuviotait ce jour-là et on s'était levé à 7h du matin pour aller louer une camionnette à l'autre bout de Berlin parce que j'avais eu les yeux plus gros que le ventre et qu'on devait récupérer en plus du lit quatre miroirs deux tables et un nombre considérable de merdouille auquel je n'aurais pas accordé un regard si je ne les avais pas connu dans cette maison on s'estgarait sur le bateau juste devant la porte d'où entrai et sortaient quelques-unes de mes collègues et une troupe d'hommes de main russes armés de maîes à ruban et de tournevis c'était la première fois que je voyais cette porte si désespérément ouverte entre les deux boules de buit ça ne sentait pas le déménagement ça sentait le redressement fiscal les huissiers la débandade au premier étage tout était déjà vidé en passant Uta a embrassé la pièce d'un long regard triste et soupiré quel gâie et elle est partie en prétextant un rendez-vous mais je pense que ça lui mettait surtout un coup de voir le lit disparaître de la chambre ça nous a bien pris une heure pour le démonter parce qu'il était en trois parties incroyablement lourdes absolument pas fait pour être transportter quelqu'un avait conçu ce lit pour qu'il reste là qu'il n'it jamais à en sortir le sommier n'est qu'un assemblage de planche de bois massif on pourrait sauter dessus de toutes ces forces qu'on entendrait pas un craquement il a été bâti pour ça pour l'agitation pour les coup de reins féroces pour les nuits de noces les étreintes sauvages et furtives pas vraiment pour dormir c'est d'ailleurs pour ça qu'on y dort si bien on s'y enfonce terrassé par l'épuisement de tous les gens qui s'y sont dépensés pendant 40 ans enfin ça personne ne le sait à part moi et moi ça me prend un petit moment avant de fermer les yeux parce que je suis toujours distraite de ma fatigue par le besoin de me regarder dans ce miroir en tournant la tête j'ai toujours l'impression que je vais voir derrière les globes de mes fesses avantageusement ramassé la commode blanche où Winger rangea les draps la lampe en forme d'étoile le tableau mièvre d'une blonde à sa fenêtre et j'entends presque la soupe musicale qui filtrait des haut-parleurs et que je compterais avec ma playlist sur la chanifi ce jour-là j'ai bien cru que le lit ne sortirait jamais de la chambre qu'il allait falloir le mettre en morceau comme on le faisait jadis au bébés qui se présentaient par le siège et qu'on ne pouvait pas accoucher même après avoir extrait une bonne cinquantaine de vis le cadre de lit s'est fendu lorsqu'on a essayé de le soulever c'était impossible on a dû appeler à la rescousse les CIN ruses qui démontaient un autre lit dans une autre pièce on aurait dit des employés de pompe funèbre j'ai regardé le parquet plus clair à l'emplacement du du lit en songeant qu'au moment où ses lattes avaient vu la lumière pour la dernière fois la patronne était une toute jeune femme et les trois quarts des filles qui passeraiit dans cette chambre n'était même pas né la poussière avait le même âge on a chargé le camion on est parti fourbu couvert de Crass et ça a été la dernière fois que j'ai contemplé cet immeuble ces pièces ces boules de buit cette rue de vilmersdorp la dernière fois que j'ai senti cette odeur au lieu de quoi je sur mon histoire de marcher au puce providentiel où une paire de miroir ayant coûté 400 € à l'origine comme le stipule l'étiquette derrière nous a été abandonné à 20 % de son prix et cette lampe et ces serviettes et ce videpoch la seule chose qui sente vraiment le bordel c'est le dessus de lit que je cache comme la robe de marié d'une union annulée pour des raisons tragiques je ne pourrais pas en justifier l'achat il est à mil liieu de mes goûts habituels sa valeur est purement sentimental des sentiments qui paraissent impossibles à justifier et donc j'écris ce livre et je n'ai pas tellement le choix parce que le petit vient de se jeter dans mes bras nu comme un verre après son bain et a copieusement arrosé le dessus de lit qu'il faut maintenant que je lave on peut toujours faire confiance aux enfants pour tourner de force des pages qu'on aimerait garder ouvertes la séparation commence ici mon livre aussi il ne fallait pas aller du côté où habitait la dame aux grandes Bell robe personne ne lui parlait personne ne lui disait même bonjour elle enlevait les petits garçons sa maison en était pleine pleine de petit garçons qu'on avait jamais revu qu'on ne reverrait jamais parce qu'elle les mangeait l'un après l'autre la dame aux grandes belles robe était une fille de joie Louis Calaferte la mécanique des femmes pr song season of the witch Donovan quand AJE commencé à y penser vraiment j'ai eu une certaine quantité d'idé dans ma vie mais il me semble que celle-ci a toujours été là plus ou moins consciente peut-être tout simplement il y a 25 ans anogant un 14 décembre peut-être une décennie plus tard lorsque les petites filles et les femmes ont commencé à se distinguer dans ma tête peut-être lorsque j'ai commencé à lire peut-être lorsque j'ai compris que je ne pourrais pas garder Joseph et que je marchais seule triste dans les grandes rues de Berlin couvertes de Gir il se pourrait que ce roman commence précisément cette nuit-là Stéphane qui est venu me rendre visite et s'en mort sans doute les doigts dort profondément à côté de moi et non content de prendre toute la couverture a met un ronflement sourd lourd de sens si je ne suis pas capable de trouver le sommeil à côté d'un homme qui ronfle et qui ronfle aussi parce qu'il n'a plus 20 ans ça veut dire qu'une fois de plus je me suis fourvoyé que contre toute attente et malgré mon amour pour ces fan ce qu'il me faut c'est un garçon au sinus béant flambant neuf par extension un garçon de mon âge serait-ce possible il y a bien Joseph Joseph penser à ce nom dans le noir l'articuler sans bruit pour la caresse des lèvres qui se frôlent est une douleur à laquelle je ne trouve pas de nom et c'est peut-être mieux ainsi peut-être que Joseph ne devrait pas être mêlé à ce roman quand quelqu'un part c'est comme une mort dont on ne peut pas se remettre parce que la penser que cette personne est bel et bien vivante pas si loin ayant décidé de ne plus exister n'en finit pas de cracher du sel sur les plais c'est une mort et j'ai contribué à tuer Joseph comme je me suis appliqué à tuer tous les gens que j'aime petit à petit je comprends sa haine pour moi sa haine qui comparait à celle que je me porte ressemble à une vague antipathie je suis parti à Berlin parce que je suis lâche et que je ne voyais pas d'autres moyen de lui faire comprendre que j'étais sans espoir que nous étions sans espoir j'étais persuadé de trouver là dans cette ville des gens qui me ressembleraient je ne sais pas encore s'il existe au monde des gens comme moi mais la rue ne cesse de m'appeler à grands cris usant des moindres prétextes depuis que Joseph est parti j'ai l'impression de retenir ma respiration tant que je ne suis pas dehors que je ne marche pas et maintenant que Stéphane dort aussi profondément qu'il est possible je ne vois pas ce qui m'empêcherait de respirer à nouveau alors je m'habille pour m'enfuir quand Stéphane n'était pas encore là je mourais de solitude et il a suffit qu'il arrive pour que je me languisse de moi-même comme c'est le cas dès lors que quelqu'un n'impor »

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